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Abeille Périgordine

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 Rappel du cycle de vie de Vespa velutina

Si les fondatrices commencent leur activité dès la mi-février en Dordogne, même parfois avant, elles ne commencent réellement à construire un nid primaire viable que vers la fin mars. A partir de ce moment, leurs besoins énergétiques augmentent considérablement pour la recherche des matériaux et l’élaboration du nid. Ce nid primaire est placé dans des endroits très abrités du vent et surtout de la pluie. Le papier qui le constitue est très fragile. On le trouve souvent sous des toits, sous les auvents des maisons. Il est à cette période très facile à détruire.

Les fondatrices devront aussi pondre, assurer l’alimentation des larves et surtout le chauffage du nid à une période relativement froide. La recherche des protéines pour l’alimentation de quelques petites larves est assez facile à un moment où les insectes abondent, il est beaucoup plus difficile de s’approvisionner en sucres. Si les reproductrices sont capables de récolter du nectar sur les fleurs, elles semblent préférer les sources plus abondantes et faciles à récolter.

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Nid primaire sous un auvent

Fondatrice et nid primaire dans une ruchette. Le trou d’entrée est localisé à la base et se latéralise progressivement

Jeune ouvrière agrandissant le nid

Au mois de juin, la première génération d’ouvrières éclot et donne naissance à des individus de petite taille. Peu nombreuses, leurs besoins en nourriture pourront être satisfaits sur un petit territoire. Les besoins en énergie diminuent (température extérieure plus chaude) et il y a encore peu de larves à nourrir.

Au mois de juillet, il est très fréquent qu’une partie des ouvrières s’échappent du nid primaire et élaborent un nid secondaire, souvent à l’extérieur. Dans ce cas, c’est la tranquillité qui semble être le facteur déterminant pour le choix de l’emplacement du nid qui seront souvent beaucoup plus difficiles à repérer et à détruire. La fondatrice les rejoindra, puis les ouvrières naissantes y seront guidées.

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Le nid primaire s’agrandi sur place

Nid secondaire bien protégé du regard

Les nids peuvent se développer à toute hauteur

En été, la population augmente, les besoins sont surtout de types protéinés pour l’alimentation des larves. La capture des insectes butineurs permet de combler en grande partie les besoins et énergie.

En septembre, le nombre d’individus est de l’ordre du millier, la taille des larves est en progression, et les besoins augmentent considérablement. Les premières nuits froides apparaissent. La prédation sur les ruchers s’accentue et devient souvent intolérable. Le territoire de chasse s’agrandit et atteint l’ordre du km de rayon. Il devient impératif pour les apiculteurs de protéger les entrées des ruches pour éviter la prédation mais aussi l’approvisionnement en miel. Le piégeage en sera très sensiblement amélioré.

En novembre, les nids commencent à être visibles à cause de la chute des feuilles, ils sont peuplés de plusieurs milliers d’individus. Fin novembre, les premières fortes gelées provoquent le dépeuplement des nids qui ne seront pas réutilisés l’année suivante.

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Les femelles reproductrices migrent vers des endroits abrités ( souches d’arbres, tas de bois, grenier, …) les autres individus disparaissent pour la plupart.

Intérêt du piégeage de printemps :

L’objectif du piégeage de printemps vise à capturer les femelles fécondées capables de construire et développer un nid. « Un nid, c’est une seule femelle fécondée qui a survécu à l’hiver et au piégeage ».

1 - Il permet d’épargner les colonies d’abeilles et les insectes sauvages (plus de 50 % des proies des frelons) pendant l’été et l’automne.

2 - C’est le moyen le plus efficace et le moins coûteux pour rompre la multiplication des nids de frelons asiatiques.

3 - Il permet accessoirement d’éviter les piqûres, tout ceci à condition de viser le maximum d’efficacité.

Contrairement à ce qui est parfois affirmé, le piégeage de printemps est très efficace à condition de respecter certaines règles. De plus, il ne nuit pas à l’entomofaune sauvage, qui subit une moindre pression du frelon asiatique dans les zones où les apiculteurs piègent.

Si les pièges actuels ne permettent pas d’éviter complètement les captures d’autres insectes, celles-ci restent cependant considérablement inférieures à la prédation exercée par V.v., qui se mesure en kilogrammes et centaines de milliers d’insectes pour un seul nid. Bien inférieures aussi aux impacts occasionnés par l’épandage d’insecticides. Les oiseaux insectivores dévorent un nombre important d'insectes. Beaucoup d’espèces végétales dépendantes totalement des insectes pour leur pollinisation.

Nous devons rester prudents et veiller à limiter au maximum l’impact sur les espèces d’insectes autochtones. Pour répondre aux impératifs d’efficacité et de préservation de la biodiversité, nous devons respecter les règles suivantes :

- Choisir judicieusement les emplacements,

- Employer des pièges efficaces,

- Utiliser des appâts attractifs pour V. velutina et peu attirants pour les autres espèces,

- Choisir des périodes de piégeage qui permettent de provoquer peu d’impacts négatifs sur la biodiversité.

 

1 ) les emplacements, un facteur déterminant de réussite :

Choisir judicieusement les emplacements


Les emplacements les plus favorables pour le piégeage seront ceux qui sont le plus attractifs pour la construction du nid ou la recherche de nourriture sucrée. Placer un piège au milieu de parcelles de maïs, de blé ou de vigne, est voué à l’échec.

Les lieux les plus favorables sont :

La proximité des anciens nids. Dans les zones non piégées Il est fréquent, d’observer la succession des nids d’une année à l’autre, sur les mêmes arbres ou sur les arbres voisins.

Les passages à essaims. En 2007, j’ai été frappé de voir nombre de nids sur des lieux où j’avais ramassé des essaims les années précédentes,

Les ruchers(odeurs de miel) et les emplacements de transhumance. En absence de piégeage, il est fréquent d’observer des nids très proches des ruchers, y compris des constructions primaires à l’intérieur de ruches vides.

Les tas de composts ménagers contenant des épluchures de fruits. (odeurs de fruits mûrs)

Les déchetteries, Les lieux de stockage des emballages de fruits et légumes des magasins et épiceries,

Les arbres et arbustes mellifères en fleurs ( pour le nectar des fleurs ou les abeilles en train de récolter). Les fondatrices éventrent leur proie pour prélever des substances dans l’abdomen. Il est possible et probable que le contenu du jabot soit l’objectif de la chasse. Ne pas hésiter à déplacer les pièges en fonction de la floraison.

Les frelons seront attirés de loin par les effluves de miel ou de fruits mûrs dégagés par tous ces emplacements. Une fois sur place, les chances de les piéger sont sensiblement améliorées.

La hauteur des pièges doit être comprise entre 0.5 et 1.50 m. les placer le matin au soleil et l’après midi plutôt à l’ombre. Il n’est pas inutile de placer plusieurs pièges au même endroit.

Dans les secteurs fortement infestés, l’assainissement sur un rayon de 800m ne permet pas de préserver les ruchers de la prédation au-delà de la fin de l’été. Il est prudent de prévoir une ’’ceinture’’ de protection en posant des pièges sur 5-6 emplacements répartis sur un cercle d’un km environ autour du rucher.

2) Le type de pièges :

pieger_efficacement10Les plus efficaces sont clairement les pièges à guêpes du commerce. Nous recommandons le piège cloche, relativement peu onéreux, il permet de libérer les éventuels frelons européens (Vespa crabro) et il est très efficace. Il permet d’assurer l’assainissement sur plusieurs centaines de mètres. (environ 800m)

Les pièges bricolés : en coupant le goulot d’une bouteille plastique et en le renversant pour former une souricière. Il est important de placer une protection sur le dessus, planchette ou bouteille plastique coupée en deux dans le sens de la longueur. Ce chapeau permet d’éviter de transformer le piège en pluviomètre et améliore son efficacité en condensant les parfums des appâts. Presque gratuits, ces pièges dépannent et rendent de réels services. Moins performants que les précédents, ils ne permettent pas de garantir autant l’assainissement du secteur. Il faut noter que les pièges élaborés avec des bouteilles de 5 litres sont meilleurs qu’avec des formats inférieurs.

Employer des pièges efficaces

Les pièges sélectifs : différents modèles ont été proposés. En principe, ils permettent aux petits insectes de s’échapper. Plus onéreux et compliqués à construire que les précédents, ils sont petit à petit abandonnés. Ils ont cependant le mérite de répondre à la préoccupation de sélectivité. Leur efficacité est moyenne.

3) Les appâts :

Ils doivent être très attractifs pour les Vespa velutina et pas pour les autres espèces. Plusieurs formules sont préconisées. Le type d’alimentation des frelons varie en cours d’année. Certains appâts peuvent être très attractifs en automne et totalement délaissés au printemps.

Les fondatrices en phase de construction au printemps alors que les températures restent fraiches, sont très attirées par des substances sucrées. Les odeurs de fruits mûrs, voire fermentés sont favorables.

L’appât que nous préconisons est tout simplement le panaché, nettement plus attractif que les bières seules. Je rallonge lors de mes visites avec de la limonade bon marché, riche en sucre. Les prises d’autres insectes restent limitées.

D’autres formules sont préconisées, comme des mélanges de bières, vin blanc, picon. Ou des jus de pommes, du cidre, agrémentés de sirop de menthe, de grenadine ou de cassis

Il faut être prudent avec les mélanges, nous risquons d’attirer davantage d’espèces. Mais il faut continuer de tester. Le panaché est une valeur sûre qui peut servir de témoin. En cas d’efficacité supérieure, nous serons ravis de connaître vos observations afin d’effectuer des essais.

4) La période de piégeage.

La période est déterminante pour une efficacité maximale et pour limiter les impacts négatifs sur les autres espèces.

        Il est parfois préconisé de débuter le piégeage dès l’apparition des premiers Vv, c'est-à-dire vers le 15 février. Cette date n’est pas judicieuse et doit même être déconseillée, excepté à proximité des anciens nids. Dans ce cas précis, l’objectif vise à capturer les fondatrices qui ont hiberné généralement à proximité du nid avant qu’elles ne migrent. L’efficacité des prises est faible car les besoins de ces femelles restent réduits malgré le froid. A cette période de l’année, la plupart des espèces d’insectes n’a pas encore assuré la reproduction et l’impact défavorable est à son maximum.

        Il faut attendre le début de construction des nids primaires, qui correspond à l’arrivée des hirondelles. A cette période, les insectes volants se sont largement multipliés pour assurer la préservation de l’espèce et la nourriture des oiseaux insectivores, autrement plus ‘’destructeurs ‘’de l’entomofaune que nos pièges. Une seule hirondelle ou mésange ingurgite plus d’insectes que des dizaines de pièges sans pour autant garantir la destruction des Vv. Ces oiseaux sont cependant de redoutables auxiliaires et doivent être protégés et favorisés.

        Ne commencer à piéger qu’à la floraison des pruniers, c'est-à-dire à la fin mars en Dordogne.

Le mois d’avril est la meilleure période.

        Le mois d’avril est la meilleure période. Les belles journées succédant à des périodes de froid et de pluies sont très favorables aux captures.

        Il est impératif de poursuivre le piégeage jusqu’à la mi juin (fin de la floraison du châtaignier). Au-delà, les reproductrices restent à l’intérieur du nid et sont protégées. Ce sont les jeunes ouvrières qui assurent l’approvisionnement.

        Les captures de V crabro débutent en mai, ce qui nous avait incités à stopper le piégeage vers la mi-mai. Les scientifiques les plus opposés au piégeage de printemps affirment pourtant qu’aucune campagne de piégeage n’a réussi à diminuer la présence de V.crabro en France. (expérimentation des années 60). Ses besoins énergétiques sont moindres que ceux de Vv. Il débute la construction à une période plus clémente. Par contre, il peut être menacé par l’expansion de Vv qui entre en compétition alimentaire et peut s’attaquer aux jeunes larves pendant que la mère est obligée d’abandonner le nid.

        Le piégeage jusqu’au mois de juin se justifie aussi par le fait que des fondatrices migrent tardivement de zones surpeuplées, peu ou mal piégées, vers les zones assainies. Dans ce cas, les nids seront plus petits.

Richard Legrand

 

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