frendeelgaitptes

 

PrésidentJean-Marc NAILLON  

Président de l’Abeille Périgordine

 

 

Le printemps est enfin arrivé !

 

Nous le préparions depuis presque un an, en renouvelant les reines tout au long de la saison dernière, en stimulant la ponte au bon moment pour aider la colonie à garder sa dynamique, en traitant contre le varroa, en assurant les réserves de nourriturenécessaires à l’hivernage.


Pendant l’hiver, nous sommes passés dans les ruchers pour en surveiller la tranquillité, et nous voilà prêts à observer l’avancée des floraisons, à gérer le développement des colonies, prêts à endiguer l’essaimage, prêts à attendre les miellées …


L’enfumoir nous démangeait !
Mais nous ne sommes pas dans un monde idéal !

Des mortalités de colonies ont été observées dans de multiples lieux du département à la sortie de l’hiver. Quelques ruches mortes, et ça peut être la moitié d’un rucher ou un rucher complet qui se trouve anéanti. Encore une fois, il nous sera difficile d’expliquer ces mortalités. Si quelques apiculteurs débutants ont pu être négligeants, écoutant ici et là de mauvais conseils sur des traitements anti varroa hasardeux, d’autres collègues très expérimentés, et aux pratiques apicoles indiscutables, ont vu une part trop importante de leur rucher s’effondrer. C’est difficilement supportable pour eux, et pour l’ensemble des apiculteurs dont l’angoisse grandit chaque année quand arrive la fin de l’hiver. Pour assurer une bonne récolte de miel, il faut avant tout des colonies vivantes et en pleine forme !


Les vols de ruches ont repris. Il faut que tous les apiculteurs soient solidaires et prêtent attention à l’origine des ruches qui se vendent dans le département. C’est un problème qui touche encore davantage nos collègues de départements voisins. La commission « sinistre et assurance » de notre Conseil d’Administration s’est déplacée pour la première fois cette année pour constater un vol. Il est important de rappeler ici que l’assurance ne peut prendre en compte le sinistre, quel qu’il soit, que si la déclaration de ruchers a été correctement effectuée, et que le nombre de ruches déclarées correspond au nombre deruches assurées.


A l’heure où j’écris ces lignes, les frelons asiatiques sont restés discrets. Très peu d’entre eux se sont fait prendre dans les pièges que nous avons posés dans les ruchers. Ces deux dernières années, leur population était en régression en Dordogne, mais un printempsfavorable pourrait voir le nombre de nids exploser à nouveau. C’est là une contradiction forte pour l’apiculture : des conditions météorologiques favorables à notre activité, c’est aussi un développement optimum pour les frelons asiatiques ! Il nous faudra être rigoureux sur le piégeage au rucher.

L’expérimentation que nous avons menée en collaboration avec la municipalité de Trélissac, a montré que le nombre de nids a diminué pour chacune des trois années de l’expérimentation. Le piégeage des apiculteurs peut donc être relayé avec efficacité par la population, sur une durée courte (jusque début mai). N’hésitez pas à solliciter vos voisins pour qu’ils participent avec vous à la lutte contre ce prédateur, pendant le mois d’avril. Maintenez votre piégeage sur les ruchers bien plus longtemps pour piéger les fondatrices les plus tardives. C’est à ce prix que vous diminuerez les risques d’invasion de fin de saison. Vous verrez sur le graphique proposé par Guy Chignard dans cette revue que, selon les années, les pics de captures arrivent entre la semaine 13 et la semaine 20 (correspondant à un intervalle allant du 23 mars au 17 mai sur le calendrier 2015). Les captures peuvent continuer dans les semaines suivantes ; il faut en tenir compte.
Les pesticides seront toujours présents cette année. Le plan écophyto a été un échec, puisque la quantité de pesticides utilisés en agriculture est en constante augmentation au lieu de voir une diminution de 50 % d’ici 2018 comme il le prévoyait. La France en est le troisième consommateur au monde, malgré les risques pour la santé, pour la biodiversité, pour la qualité de l’eau. Entre 2012 et 2013, le recours aux pesticides a crû de 9.2 %, tout à fait à l’inverse de l’objectif affiché. Le 30 janvier dernier, le ministre de l’agriculture a annoncé de nouveaux objectifs à l’horizon 2025. Il peut continuer de reporter d’année en année cette diminution s’il n’a pas le courage de résister au lobby des pesticides ! Quatre jours après l’annonce des nouveaux objectifs du plan de réduction des pesticides, le sénat rejetait le moratoire sur les insecticides néonicotinoïdes. Le double discours continue !


Le petit coléoptère de la ruche, Aethina tumida est à nos portes. Son arrivée serait une difficulté supplémentaire pour notre activité. Quel peut être le rôle d’un syndicat d’apiculteurs dans cette lutte à venir ? Le Conseil d’Administration de l’Abeille Périgordine s’est prononcé pour agir dans le but d’encourager chaque apiculteur à déclarer ses ruches. L’efficacité de la politique sanitaire en dépend. Il ne sera possible de dépister ce parasite à l’échelle d’un département qu’à deux conditions : que les apiculteurs soient formés à reconnaître Aethina tumida, et surtout que les ruchers soient connus pour que le dépistage s’organise.


Pour pallier toutes ces difficultés, il est important que les apiculteurs soient unis dans la lutte, et dans la solidarité. Le syndicalisme apicole est le seul moyen d’y parvenir. Notre adhésion à l’UNAF est primordiale pour affirmer nos valeurs car nous nous retrouvons en accord sur tous les dossiers évoqués avec chacun des syndicats qui la composent. Le Conseil d’Administration de l’UNAF a été renouvelé en partie lors de la dernière Assemblée Générale où je représentais l’Abeille Périgordine. Gilles Lanio a été élu au poste de président. Nous lui adressons toutes nos félicitations, et nous le remercions de prendre à sa charge cette lourde responsabilité.

 

JMN signature

Agenda

Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1
2
3
4
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31

Partager