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Dans les zones déjà colonisées, un piégeage précoce aux emplacements des nids diminue nettement les populations.

Dans les zones en phase de colonisation, il faut impérativement piéger aux abords des nids de l’année précédente pour éviter la dissémination des reproductrices qui ont hiberné à proximité voire dans le nid lui-même, ceci dès la floraison des noisetiers. Pour compléter cette mesure, il faut piéger dans les ruchers et opérer une surveillance étroite des ruchers dès Aout pour détecter une éventuelle prédation. La détection et la destruction des nids fera l’objet d’articles ultérieurs.

Par contre, l’usage du soufre gazeux pour la destruction des nids est remis en cause. C’est un coup dur pour tous ceux qui ont investi du temps et de l’argent pour lutter souvent bénévolement alors que les pouvoirs publics de l’époque restaient inactifs.

 

COMMENT PIEGER EFFICACEMENT ?

Pour piéger efficacement en respectant les autres insectes, il faut respecter quelques règles qui se résument à choisir de bons pièges, de bons appâts, les bons emplacements, et pendant la bonne période.

 

Les bons pièges. Incontestablement, ce sont les pièges cloches du commerce qui sont les plus efficaces, les moins préjudiciables pour les autres espèces et à un prix très abordable surtout s’ils sont commandés en groupe. Les pièges bouteilles coupées, s’ils sont économiques, sont largement insuffisants en termes d’efficacité. Ils sont à réserver pour le dépannage et dans les lieux avec risques de vols. Les pièges fabriqués avec des bouteilles de 5 l sont sensiblement plus efficients.

Les pièges de type japonais, sont souvent décevants et plus impactant pour V. crabro, le frelon européen.

 

Les bons appâts. Il existe de nombreuses recettes. Celle qui donne le plus de satisfaction est le panaché (bière blonde +limonade) additionné ou non de sirop divers. Attention, tous les sirops ne sont pas identiques. Ainsi, si le sirop de pêches « Paquito » nous a donné entière satisfaction, deux autres marques avaient un effet répulsif. La recette « bordelaise » est composée de Picon-bière et de vin blanc. Essayez et retenez celle qui vous convient le mieux. Plusieurs types d’appâts au même endroit peuvent améliorer l’efficacité.

 

La maintenance. Les liquides s’évaporent assez rapidement. Il faut rajouter de la limonade riche en sucre, après avoir écrémé le haut des pièges avec une fourchette. Ne pas les vider, et laisser quelques frelons améliore l’attractivité. La fréquence de nettoyage varie en fonction de la météo, compter 10-15 jours maxi pour refaire les niveaux et éviter d’élever les mouches qu’on nous accusera de capturer.

 

Les bons emplacements. Les ruchers, les emplacements des années passées et en priorité ceux de l’année précédente.

Les ruchers sont les lieux d’attraction par excellence. Placer les pièges entre 50 cm et 1 m du sol, à coté des ruches ou sous les arbres en fleurs.

Les emplacements des 5 années précédentes. Les nids se succèdent fréquemment à quelques mètres près, et de nombreuses fondatrices hibernent à coté, voire, dans les nids de l’année passée. Placer les pièges plutôt au soleil du matin et à l’ombre l’après midi, sous les arbres ou arbustes en fleurs surtout ceux qui sont visités par les pollinisateurs. Les frelons sont à la recherche de sources de substances sucrées. Penser aussi à La proximité des poubelles, des bacs à compost, lieu de stockage des hausses, des cartons de fruits…. A coté des containers à verre, les pièges seront peu efficaces, invitez les oiseaux insectivores avec des mangeoires de graines de tournesols. Evitez de placer ces mangeoires près des ruchers, une mésange peut consommer l’équivalent en insectes des captures d’une dizaine de pièges. Soyez inventifs en fonction des situations.

Périodes. Voir planning.

- Phase 1 . dès la floraison des noisetiers, Il faudra piéger impérativement à l’emplacement des nids de l’année précédente pour éviter la dissémination des reproductrices qui ont hiberné. Excepté ce cas, il est inutile et même préjudiciable pour les autres insectes de piéger si tôt.

- Phase 2. De la floraison des pruniers à la fin de celle du châtaignier. Le risque pour le reste de l’entomofaune est réduit au minimum. les besoins en énergie des fondatrices est maximum et elles sont seules. Leur capture anéanti le nid en élaboration. Les prises sont maximales en avril, mais les pièges doivent être maintenus tant qu’il y a des nids sans ouvrières (mi-juin). Cette phase de piégeage est fondamentale, elle permet de réduire le nombre de nids et la prédation. Elle retarde aussi la formation des quelques nids ce qui pourrait avoir un impact génétique favorable à la cohabitation à long terme.

- Phase 3-4, les piégeages d’été et d’automne seront développés ultérieurement. Ils sont importants pour limiter la prédation, et surtout pour réduire les populations des futures reproductrices.

 

- Questions et idées fausses :

 

- le piégeage ne sert à rien, au contraire il empêche la compétition entre les fondatrices. Faux : Cette controverse repose sur une théorie d’autorégulation issue d’une étude publiée par un anglais en 1973, concernant la guêpe V. germanica introduite en Nouvelle-Zélande un siècle auparavant. La pertinence est sujette à caution compte-tenu des différences de contexte. Les observations sur le terrain mettent en évidence l’assainissement sur plusieurs centaines de mètres ( jusqu’à 800m) autour des ruchers piégés. Ca reste insuffisant pour éviter la prédation d’automne mais améliore considérablement la survie des colonies d’abeilles.

 

Compte tenu de la dynamique de colonisation par V. velutina, nous pouvons considérer que cette espèce est invasive, expansionniste, non-autodestructrice.

En cas de compétition, il existe au moins 3 alternatives :

- le combat et la mort d’une des protagonistes. C’est la thèse sur laquelle repose le concept d’autorégulation et la controverse du piégeage. Dans ce cas, c’est la plus forte qui reste, au bénéfice de l’espèce. C’est une possibilité probable, mais reste limitée, autrement, elle empêcherait l’expansion très rapide que nous observons.

- La fuite des plus faibles. Possibilité la plus probable. Elle favorise la dissémination que nous constatons. Les emplacements les plus favorables sont occupés. Les autres frelons peuvent quitter le territoire et s’éloigner ( avancée de 100 km/an ) ou occuper les emplacements moins favorables jusqu’à saturation. Dans ce cas, le niveau de saturation ne permet pas la survie des colonies d’abeilles et de beaucoup de pollinisateurs. Nous pouvons observer au printemps des vagues de captures de Vv après les jours de grands vents. Il est très probable que ces insectes proviennent de zones réservoirs non piégées.

- L’association. Certains biologistes évoquent la possibilité d’association entre plusieurs individus pour la construction d’un nid.

- Dans les 3 cas, la compétition favorise l’espèce au détriment des espèces autochtones. Au contraire, le piégeage épuise les fondatrices, limite la dissémination et la taille des nids ainsi que la prédation.

- La diminution du nombre de nids en facilite le repérage et la destruction qui devient obligatoire et à la charge des propriétaires.

 

- Le piégeage provoque des dégâts importants sur les autres espèces. Faux : le piégeage ne doit pas être pratiqué partout, mais de façon ciblé, avec des appâts adaptés à la saison. Dans ce cas, les captures annexes sont faibles et avec impact négligeable. Par contre, soustraire ce moyen de lutte conduit à laisser le frelon asiatique s’installer et se propager très rapidement avec des conséquences énormes sur les insectes et sur les espèces végétales ou les prédateurs locaux qui en dépendent.

 

 

 

 

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